Incontournables au pays de Jeanne, les auteurs chantent la Pucelle, la décrient, la ridiculisent, l'adulent, toujours, "cette sacrée bonne femme" les inspire.

  

Un livre pour JeanneAnnie Lise Diez

 

Pour les fêtes de Jeanne d'Arc, quel plus beau cadeau pouvait on offrir à la Pucelle de Domremy : sinon un florilège, un recueil de morceaux choisis écrits sur Jeanne, qui a inspiré tant d'auteurs à travers les siècles, le monde entier, que ce soit en vers ou en prose, de Christine de Pisan au marquis de Sade, du sérieux à l'irrévérencieux.

Un ouvrage de six siècles de littérature , parcourus en 230 textes littéraires ou politiques, par 185 auteurs , de Christine de Pisan au marquis de Sade en passant par Bossuet, Brecht ou Péguy, autour d'une seule jeune femme, Jeanne d'Arc. Cette curiosité, dans son sens le plus noble, ouvre un champ de découvertes. La démarche de ce projet est littéraire et parfois historique, de réunir des textes d'époques différentes, d'écrivains différents de sensibilités différentes. « Ce Florilège n'est pas exhaustif, et reste à compléter (avis aux amateurs !) ; il s'agissait d'un pari, car quelques aspects iconoclastes pourront choquer certains. Mais de la diversité naît la richesse en quelque domaine que ce soit. Il faut accepter que des écrivains n'aient pas forcément chanté la gloire de Jeanne, c'est leur avis, on doit le respecter » explique Anne Lise Diez qui s'est colleté à la tâche d'un ouvrage en 5 chapitres : «  En mon pays : des origines de Domremy, du terroir »,  « Gentil dauphin j'ai nom Jeanne la Pucelle :le départ de Jeanne d'Arc », « Je suis chef de guerre : les combats », « Le plaisir de Dieu soit fait : le procès et la mort de Jeanne d'Arc », « Dont sera perpétuelle mémoire : expression de Jeanne dans une lettre aux anglais, or c'est d'elle dont sera perpétuelle mémoire. ».Les textes sont classés par ordre de parution. Le lecteur navigue dans la vie de Jeanne dans les périodes où ont été écrits les textes. Des textes des contemporains de Jeanne comme Christine de Pisan, d'auteurs étrangers qui la sortent de son contexte historique, comme Bertolt Brecht : dans « Sainte Jeanne des Abattoirs », où elle apparaît en meneuse de syndicalistes ; Si les auteurs étrangers se sont intéressés à Jeanne d'Arc, c'est parce qu'elle rayonne à travers le monde, elle est connue de l'Asie à l'Amérique du sud.

 

Dans un texte écrit en 1996, Régine Pernoud parle de la Corée où elle est très bien connue. André Malraux , dans les oraisons funèbres nous emmène au Brésil : « Dans la solitude des hauts plateaux brésiliens, Jeanne d'Arc apportait à la République de Fleurus une personne à défaut de visage, et la mystérieuse lumière du sacrifice, plus éclatante encore lorsqu'elle est celle de la bravoure ». Des auteurs sérieux, mais aussi il y a aussi  ceux qui n'hésitent pas à  bousculer le lecteur et à en  en parler avec humour ? Ainsi Léautaud :  « Jeanne d'Arc montait-elle à cheval ?-Qu'est-ce que ça peut bien nous f... ! ». Dans une  pièce de théâtre, Jean Anouilh  parle « d'une petite mascotte ». D'autres auteurs vont même plus loin :  Jeanne d'Arc, quintuple héroïne d'un à-propos grivois burlesque paru en 1819. Un extrait de l'Albion, caprice héroïcomique de Marc Antoine Girard de St Amand, évoque « une terrible poulette » ! Une anthologie, où l'on trouve également des auteurs attendus comme Péguy, dans des textes inattendus, comme ce drame en trois actes, écrit en 1897, avec un extrait des imprécations du juge Guillaume Evrard : « Elle ira dans l'enfer, avec les morts damnés »...A l'issue de la présentation de l'ouvrage par l'auteur, «la conclusion à garder est qu'avant tout, Jeanne d'Arc est « une sacrée bonne femme ! ». Saluée aussi par Bernard Lorraine (feu le mari d'Anne Lise) dans « Chanson pour la Jeanne » écrit en 1999 ? Un livre salué par .Luc Gerecke, délégué à la culture au département et trois de ses collègues, dont le conseiller général du canton de Coussey, Claude Philippe.

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