Jeanne aura inspiré les auteurs littéraires, mais aussi les compositeurs de musique..., recenser tous ces ouvrages relève d'un travail de Titan, à moins que ce ne soit de romain,

Après Anne Lise Diez qui a compulsé la majeure partie de la littérature de Jeanne, c’est au tour de Dominique Coince, de recenser les musiques de Jeanne

 

 

C’est un vrai travail de romain qu’a entrepris Dominique Coince en proposant une conférence sur « Jeanne en musique ». Dans la petite salle du centre johannique, les auditeurs sont restés sans voix devant la somme des documents retrouvés. Jeanne mise en musique remonte au siège d’Orléans. La première musique dédiée à Jeanne date de 1430, nous apprend la conférencière qui n’a manifesté aucun tract devant son public, malgré une première en la matière. Il faut dire que Dominique abordait un sujet qu’elle maîtrisait parfaitement. « Loin d’être aussi vaste que le domaine de la littérature qu’elle a suscité, celui de la musique reste à explorer. On recense environ quatre cents pièces, plus ou moins logues, plus ou moins savantes, plus ou moins agréables à l’oreille. Elles donnent voix à celle que l’on nomme tour à tour, Jeannette, Jeanne d’Arc, Jeanne la Pucelle, la Pucelle d’Orléans, dans des cantates, des cantiques, des chansons, des opéras, des messes, des ballets, des oratorios et même des pantomimes » explique Dominique.

 

 

Les documents sonores sont rares

 

 

Si en France on peut distinguer trois grands héros, Jeanne d’Arc, Napoléon et de Gaulle, c’est bien Jeanne qui aura suscité le plus de littérature, mais également de musique. Verdi, Rossini, Honegger, Einhorn, Listz, pour n’en citer que les plus célèbres ont chanté la Pucelle. Sans oublier, plus proche de nous, le célèbre chant populaire « A l’étendard » écrit par l’abbé Vié sur une musique de l’abbé Laurent, que les auditeurs présents n’ont pas hésité à fredonner lors de son passage. Cette musique est jouée chaque année à la remise de l’Etendard, aux fêtes d’Orléans. En plus des explications très documentées de la conférencière, Dominique avait compulsé quelques morceaux choisis. Une tâche d’autant plus ardue qu’il aura été difficile de les retrouver. C’est sur un « pot pourri » que s’est achevé cette remarquable conférence.

 

 Jeanne en musique

Par Dominique Coince, le 14 octobre au centre d’interprétation « Visages de Jehanne »

Conférence sur la musique de Jeanne
Dommage que nous ne puissions aussi "entendre" tous les extraits musicaux !
Musique (Georges Delerue)
  

Musique (Georges Delerue)

 

Musique (Georges Delerue)

 

*Nous écoutions un extrait du spectacle son et lumière donné dans une des boucles de la Meuse à Domremy en 1956, à l’occasion des fêtes du Ve centenaire de la réhabilitation, organisées par le Conseil Général des Vosges.  Ce spectacle était illustré musicalement par Georges Delerue.  

*Ce même jour, 20 mai 1956, devant la maison natale, André Jolivet dirigeait sa création « la Vérité de Jeanne », oratorio pour solistes, chœur et orchestre . 

 On dit qu’il y a trois grands héros en France : Jeanne d’Arc, Napoléon et Charles de Gaulle. Mais jusqu’à ce jour, c’est bien Jeanne d’Arc qui a suscité le plus de littérature, et le plus de musique en tout cas. Sans doute parce que l’héroïne médiévale fut « un mythe vivant », et l’objet de maintes récupérations artistiques.  

Nous la voyons bergère, guerrière, inspirée, trahie, martyre mais aussi travestie et bannière du nationalisme bien sûr. Elle résume à elle seule l’idéal de beaucoup de personnages d’opéra. Au surplus, elle va pouvoir rallier toutes les causes puisque nous la trouvons bergère mais aussi combattante, révoltée mais aussi d’une pitié sans défaut. Elle a donc suscité la curiosité des compositeurs qui ont cherché à transcrire leur admiration en musique, avec plus ou moins de bonheur parfois, car le pire côtoie souvent le pire !

 Loin d’être aussi vaste que le domaine de la littérature qu’elle a suscitée, celui de la musique reste conséquent à explorer. On recense environ 400 pièces plus ou moins savantes, plus ou moins longues, plus ou moins agréables à l’oreille. Elles donnent voix à celle que l’on nomme tour à tour Jeannette, Jeanne d’Arc, Jeanne la Pucelle, la Pucelle d’Orléans, dans des cantates, des cantiques, des chansons, des opéras, des messes, des ballets, des oratorios et même des pantomimes.

L’histoire de cette musique dédiée à Jeanne d’Arc commence dès 1430.

 Sans pour autant connaître de partitions, on sait que les fêtes orléanaises du 8 mai qui la célébrèrent dès cette époque, étaient accompagnées de musique. Le célèbre « Mistère du siège d’Orléans », écrit à cette date, publié en 1862 d’après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque vaticane, comportait des intermèdes mélodieux sans que les annotations nous soient parvenues.

Ensuite, alors que de nombreux poètes s’intéressent à l’héroïne, il semble difficile de trouver la trace d’une musique. Toutefois, une cantate écrite autour des années 1720 semblait destinée à être chantée, mais la ville d’Orléans n’en conserve aujourd’hui encore que le texte.

 1789 constitue la première date véritablement connue d’un opéra intitulé « Giovanna d’Arco ossia la Pulcella d’Orleano, donné à Vicenza en Italie, par Gaetano Andreozzi sur un livret d’Antonio Sografi.

En 1790 Rodolphe Kreutzer, né à Versailles en1766 (mort à Genève en 1831) violon solo à la Chapelle Royale et dédicataire de la célèbre sonate de Beethoven, présente son premier opéra, « Jeanne d’Arc à Orléans », à la Comédie Italienne à Paris.

 De l’autre côté de la Manche, en 1795, le sieur Reeves écrit un ballet simplement intitulé : Joan of Arc, maid of Orleans.

En 1801, le dramaturge Friedrich Schiller fait représenter à Weimar sa célèbre « Jungfrau von Orleans », une tragédie en 5 actes qui ne comporte pas de musique mais servira de modèle à de nombreux librettistes pour composer le scénario qui guidera le chant. Dans cette tragédie, les détours de l’histoire poussent Jeanne d’Arc dans les bras du bel Anglais Lionel avant d’aboutir à une mort héroïque non pas sur le bûcher mais sur le champ de bataille.

 1803 est l’année en France d’une pantomime à grand spectacle en trois actes terminé par une apothéose sur une musique d’Alexandre, qui connaît un certain succès au théâtre de la Gaieté, puis en 1813 au Cirque Olympique ; il s’agit d’une création de Cuvelier de Trie, un auteur dramatique dont l’inspiration des plus fantaisistes, voire grotesque, confine au délire.

 Si le 19ème siècle est une période d’encouragement à la création artistique et plus particulièrement picturale, cela ne se manifeste guère en musique, sauf lorsque l’évènement met Jeanne d’Arc à l’honneur. C’est le cas en 1820 pour l’inauguration d’un monument devant sa maison natale. Il s’agit du buste de Jeanne en amazone tout empanachée, donné par Louis XVIII.  

D’autre part, à cette époque, la mode étant à la romance, plusieurs poètes chanteront la Pucelle en de brefs textes pleins d’éloges, sur des airs connus souvent appelés « ponts neufs ».

 En 1821, un opéra intitulé « Jeanne d’Arc » est donné à l’Opéra-Comique, une œuvre de l’italien Michele Carafa de Colobrano qui se fixa à Paris et fut professeur de composition au Conservatoire. La même année, en Italie, on note une création de Salvatore Vigano, danseur chorégraphe, neveu de Boccherini, et une autre de Vaccai, élève à Naples de Paisiello, avant « Giovanna d’Arco » de Puccini en 1827 .  

1832 : Giaccomo Rossini est l’auteur d’une sorte de cantate de chambre pour soprano et clavier, relativement méconnue, « Giovanna d’Arco ». Le pathétique se mêle aux vocalises d’une mezzo-soprano aux graves profonds et à l’aigu agile, avec l’énergie d’une virtuosité prodigieuse. La célèbre cantatrice italienne Cecilia Bartoli en a d’ailleurs réalisé un bel enregistrement en 1990.  

Musique de Rossini (Mme Home soprano,,M.Kats piano) 

 En Italie, le 15 février 1845, Giuseppe Verdi présente sa « Giovanna d’Arco »à la Scala de Milan; un opéra qu’on représenta peu, dont on parle moins encore. Il faut pourtant y reconnaître d’assez jolies bizarreries dans l’intention dramatique de la musique de Verdi, comme dans le livret de Temistocle Solera qui s’accommodera de nombre d’inexactitudes ; notamment dans un très curieux prologue, on voit la cour de France à Domremy, elle qui n’y avait jamais mis une poulaine, j’imagine, et le roi lui-même, porté dans ce village lorrain par une sorte de prémonition, surtout engagé par une vision qu’il a eue d’une vierge salvatrice.  

La seconde scène de ce prologue consiste en la rencontre allégorique de Jeanne et du gentil dauphin : Jeanne lui explique sa flamme guerrière dans un air du plus pur style verdien, qui va nous peindre la France du XVème siècle, à peu près comme Offenbach peint la Grèce antique dans Orphée aux enfers : Nous sommes le soir à Domremy en pleine forêt chenue. Le ciel est très sombre et chargé. Jean, frère de Jeanne, berger à Domremy dit son anxiété pour le destin du pays ; à droite une grotte sacrée, à gauche une petite chapelle avec une cloche qui tinte pour le repos des défunts… Ici, les invraisemblances ne dérangent en aucun cas : Jeanne succombera un instant, pas plus, un instant seulement, aux charmes du roi dans un duo retentissant. La fin est curieuse également : Jeanne, mortellement blessée se relève, miraculeusement, à l’écoute des voix qui l’ont guidée .(Placido Domingo est Charles VII, Montserrat Caballe est Jeanne d’Arc) Imaginez !  

Musique de Verdi (Orchestre Symphonique de Londres-Dir : J.Levine)

 1846 : Franz Liszt compose une mélodie française « Jeanne d’Arc au bûcher » sur un poème d’Alexandre Dumas, auteur d’une étude sur Jeanne d’Arc publiée en 1842 : au moment du sacrifice, Jeanne avoue sa peur en même temps que sa foi sur une musique pleine de hardiesse. Modulations et montées harmoniques se combinent pour suggérer la marche au bûcher.  

Mais en France, à partir des années 1870, on assiste à un véritable renouveau lié à la politique étrangère et religieuse. Après la perte de l’Alsace-Lorraine, Jeanne, libératrice d’Orléans, devient un symbole de revanche. Dès 1871, « Jeanne d’Arc »poème de Jules Barbier, un des librettistes les plus célèbres de l’époque, sert de thème-support à la cantate composée pour le Grand Prix de Rome, remporté cette année là par Gaston Serpette.

 Le 8 novembre 1873, Charles Gounod compose « Jeanne d’Arc », un opéra en 5 actes sur un livret de Jules Barbier créé au théâtre de la Gaieté, la même année qu’Auguste Mermet dont l’œuvre ne sera donnée à l’Opéra qu’en 1876 : un opéra sans grand effet de style musical, l’histoire s’arrête au couronnement de Charles VII, il n’aura aucun succès.

Bien loin de nous, Piotr Illitch Tchaïkovsky crée La Pucelle d’Orléans au théâtre Marinski de Saint Pétersbourg le 13 février 1881, écrite d’après Schiller. Cet opéra en 4 actes et 6 scènes sur un livret du compositeur qui remportera un grand succès, reste toujours très romancé : le père de Jeanne est prêt à vendre sa fille, le roi est un être pâle et peureux, et bien sûr il y faut un amoureux transi, Lionel, personnage purement inventé. (On retrouve le personnage de la tragédie de Schiller). En France, à cette époque, le sujet est plus souvent prétexte à des messes. A part « Jeanne d’Arc » en 1886, drame lyrique en trois parties de Charles Lenepveu sur un livret de Paul Allard, Ernest Chausson (1855-1899) écrit une « Jeanne d’Arc » pour voix de femmes, chœur et orchestre et Charles Gounod compose une Messe à Jeanne d’Arc pour chœur, cuivres et orgue, qu’il dirige lui-même à la cathédrale de Reims le 24 juillet 1887.

 Dans cette seconde moitié du siècle, Jeanne d’Arc fait objet de « récupération » : elle n’est pas seulement revendiquée par la droite royaliste ; les catholiques veulent l’élever au rang de sainte ; les républicains cherchent aussi à tirer à eux cette héroïne médiévale, « émanation du peuple »remise à l’honneur par Michelet.  

La concurrence se fait au moyen de musique de scène, de chansons, de messes essentiellement. Puis les cantiques se multiplient à partir de 1894, date à laquelle Jeanne est déclarée Vénérable. Cette année là, l’abbé Couturier écrit une cantate en l’honneur de la vénérable Jeanne pour un pèlerinage à Domremy.

 Cette floraison de cantiques, à la musique fade, mièvre, n’a d’autre rôle près du grand public que de soutenir le procès de canonisation réclamé dès 1869 par Mgr Dupanloup. Face à cette pléthore, les œuvres laïques sont rares. On cite une pantomime, spectacle mimé accompagné de musique chorale et instrumentale, composée par Charles Marie-Widor, le célèbre organiste de Saint Sulpice à Paris, donnée au cirque de l’Hippodrome en 1890.

Puis fin 1899, naît un chant populaire des plus renommés : « A l’étendard », écrit par l’abbé Vié, vicaire général d’Orléans sur une musique de l’abbé Laurent, maître de chapelle de la cathédrale Sainte Croix. Interprété chaque année le 7 mai à Orléans lors de la remise de l’étendard, il fut également exécuté à Rome en 1909 lors des fêtes de la béatification, puis dans la plupart des cathédrales et églises de France.

 Au son des trompettes, écrit dans la tonalité de si b M, éclatante et brillante, son style est martial, militaire et le rythme syncopé : noire, croche pointée, double-croche ! C’est aussi un morceau de bravoure pour les choristes car il monte jusqu’au sol ! Je vous propose celui enregistré à St Nicolas du Chardonnet, hélas, il n’est accompagné qu’à l’orgue et les cuivres manquent cruellement ! C’est à Orléans qu’il est interprété avec le plus de panache.  

Musique Etendard

 Les créations de cantiques se multiplient tout comme les fêtes au début du XXème siècle avec la béatification de Jeanne d’Arc en 1909.  

Mais les bruits de bottes qui résonnent accentuent les tensions. Jeanne, toujours source de revanche depuis 1870, devient source d’espérance.  Naissent alors des chants patriotiques comme « Debout ! En avant ! » de Paul Béral, « France »,  « La Délivrance !), « Ballade des dames guerrières »..etc,de l’abbé Laurent.  

Les chants se multiplient (comme une chanson cocardière d’André Chenal issue des chansons du foyer écrites dès 1912), puis, Jeanne devient marraine des soldats, dans un climat politique passionné : chansons pour les laïques, cantiques pour les catholiques !  

1920 : Reconnaissance rime avec persévérance ! Il n’aura pas fallu moins de 5 siècles pour que l’Eglise de Rome devant la pression de ferveur populaire prononce la canonisation de Jeanne.  

Puis l’Etat lui dédie une fête nationale le second dimanche de mai.  

Jeanne jouit d’une reconnaissance officielle générale sur le plan national aussi bien que religieux : elle satisfait les catholiques puisqu’elle est sainte désormais, et les laïques puisqu’elle s’est révoltée contre la hiérarchie de l’Eglise.  

Pourtant sa sainteté s’avère néfaste en musique car ses chantres se font rares, sauf les compositeurs de chants liturgiques.  

Mais pour le 500ème anniversaire de la libération d’Orléans, Maurice Pottecher présente une pièce au théâtre du peuple à Bussang avec mention d’airs à chanter.  

Pour l’anniversaire de la mort de Jeanne, le chef d’orchestre Paul Paray dirige à Rouen sa Messe du Vème centenaire de la Mort de Jeanne d’Arc, pour soli, chœurs et orchestre.  

Musique (après un sanctus tourmenté bénédictus et hosannah expriment le retour de la paix)  

1935 est l’année de la création de Jeanne d’Arc au bûcher, oratorio composé par Arthur Honegger sur un livret de Paul Claudel d’après une commande d’Ida Rubinstein, première interprète du rôle joué et non chanté de l’héroïne.  

L’épopée est présentée de façon originale puisque rétrospective, à la façon des flash-back au cinéma. L’oratorio sera créé à Bâle le 12 mai 1938.  

Le 8 mai 1939 l’orchestre Philarmonique de Paris, dirigé par Louis Forestier le présentera à Orléans sous la protection de l’évêque de la ville, et il sera en tournée durant un mois dans la France libre de 1942. Ce ne sera ni pour le livret, ni pour la musique d’ailleurs, mais uniquement pour l’exemple. Jeanne, symbole de lutte, de liberté, de résistance, est elle-même tolérée par l’ennemi qui voit en elle un outil de propagande anti-britannique.  

Et, parce qu’il faut parfois donner la parole aux bourreaux, voici une version anglaise dirigée par Seiji Ozawa, de Jeanne livrée à la furie du peuple.( Cela fait penser à une espèce de West side story de la France de Charles VII !)

 Musique  

Il faut noter en 1937 une création de Maurice Jaubert pour voix de soprano sur des textes de Charles Péguy. Jaubert écrivit surtout de nombreuses musiques de films notamment pour Marcel Carné, René Clair, Jean Vigo.  

Musique (Jacqueline Brumaire, soprano-Chœur Rtf de l’Orchestre National-Dir : Jean Martinon)  

Jeanne inspirera aussi « Portail pour une fille de France »en dix tableaux, d’Yves Baudrier, Léo Preger et Olivier Messiaen sur des textes de Pierre Schaefer et Pierre Barbier, joué à Lyon et Marseille en 1941. Puis, la même année, l’oratorio de Louis Beydts« Jeanne d’Arc à Domremy »sur un texte de Maurice Tombeuse, une pièce radiophonique commandée par Radio-France.  

Avec la commémoration du 500ème anniversaire de la réhabilitation, naissent les nouvelles pièces évoquées tout à l’heure :  

20 mai 1956 à Domremy : « la Vérité de Jeanne » d’André Jolivet dirigé par lui-même, le spectacle son et lumière sur une musique de Georges Delerue, et à Rouen, le 25 juin, l’oratorio de Marcel Dupré sur des paroles de René Herval : « La France au calvaire »  

Jeanne n’incarne plus la résistance aux envahisseurs, mais elle inspire à Jean Legros une Messe « Jeanne immortelle » exécutée pour la première fois à Reims le 8 mai 1960.  

En 1965, Georges Brassens mettra en musique le poème de François Villon, honorant « Jeanne la bonne lorraine qu’Anglais brûlèrent à Rouen »  

Par ailleurs, les colifichets musicaux vont tous azimuths; en voici un « pot pourri » des années 60-70.  

Musique (Liliane Riboni-Histoire de France vue par Pierrette Bruno)  

1992 : une cantate à Jeanne est créée à la basilique de Domremy. Le livret est écrit par un enfant du pays, le père jésuite Michel Ulrich, alors « en vacances forcées »dira-t-il lui-même au stalag de Stablack en Prusse orientale,  musique de l’abbé Beau.  

1994 : Des voix de Ste Catherine, Ste Marguerite, St Michel, aux voix des juges, avec les voix des cloches, la voix, et les voix sont au centre de la vie de Jeanne. Un plain chant dans le plus pur style des psalmodies des carmélites, les sonorités basses d’un violoncelle préfigurant le drame qui va se jouer : pas de rythme saccadé, pas de dissonance : c’est Voices of  light de l’américain Richard Einhorn.  

Bouleversé après la diffusion du film de Dreyer il travaillera 6 années à cette partition pour solistes, chœurs et orchestre.  

Je dois ouvrir une parenthèse à propos de ce film muet qui inspire toujours nombre de musiciens qui composent lors de sa projection, comme les organistes Louis Robillard à St Sernin de Toulouse en 2003 et Thierry Escaich à l’auditorium de Lyon en février 2008.  

Revenons aux « Voix de lumière ». Pour garder à sa voix son mystère, le rôle de Jeanne est chanté non par une voix de soprano ou de contralto mais par les 2 en même temps.  

La voix enregistrée d’une cloche de l’église de Domremy ponctue de son glas cet oratorio en 14 tableaux aux allures d’opéra, un de ceux les plus révélateurs de la calme détermination de l’héroïne.  

Musique (4’ + 3’)  

Je disais tout à l’heure que dans la production musicale inspirée par Jeanne d’Arc, le pire côtoie le pire. Vous aurez pu constater que parfois, malgré tout, le pire côtoie le meilleur !  

J’ajouterai qu’il m’a bien sûr, fallu faire un choix, que bien souvent, le choix me fut imposé par l’absence de documents sonores susceptibles d’illustrer mon propos.  

Parfois aussi, vous avez pu le constater, l’enregistrement n’est pas des meilleurs, car il s’agit de repiquage de 78 Tours.  

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