La Pucelle et l’Amazone : Un florilège d’Anne Lise Diez et Bernard Lorraine-Ed.Guéniot, 386p, 36€

« Adieu, va-t-en, prends ton bâton de pèlerin

 Pour voler de bouche à oreille…. »

Anne Lise Diez a dédicacé son  Florilège le samedi 9 juin à la librairie Lambert à Neufchâteau où le recueil est disponible. 

 La Pucelle et l’Amazone-Un florilège - d’Anne Lise Diez et Bernard Lorraine-Ed.Guéniot, 386p, 36€. 

Mais elle l'avait aussi présenté lors des fêtes johanniques à Orléans le 7 mai dernier. Anne Lise Diez à Orléans  

Voir aussi  http://www.e-monsite.com/gazettedupaysdejehanne/rubrique-1004939.html

 Une sacrée bonne femme

Une sacrée bonne femme    Par Dominique Coince

  ../..De tels soleils avaient jadis couvé nos terres

Et nos ciels, éveillé une enfant de lumière

Qui dirait à ses tourmenteurs :

-« C'était l'été au fond du jardin de mon père.

La première fois j'eus grand peur ». ... :

Dans "Saisons perdues", issu de son tout dernier recueil de poésie paru en 2004, Bernard Lorraine suggérait ainsi sa payse qui, depuis six siècles, imprègne toujours, interpelle encore les écrivains que sa geste a embrasés. Aujourd'hui vient de paraître « la Jeanne », poème écrit en 1999, enfin publié dans un Florilège réuni avec son épouse Anne Lise Diez. Présenté officiellement sur le site de la maison natale de l'héroïne, « La Pucelle et l'Amazone » a obtenu l'enthousiasme unanime d'un public nombreux au cours d'une présentation originale d' Anne Lise Diez, en dialogue avec Anne Laure Nicola qui a exercé son esprit critique sur le manuscrit.

De Christine de Pisan à Robert Vigneau en passant par Martin le franc, Jules Michelet, Enguerrand de Monstrelet, Montesquieu, Bensaïd, Aragon, Alain, Claudel, Chateaubriand, Cocteau... , des plus illustres aux plus obscurs, des plus respectueux aux plus irrévérencieux, qu'ils soient pieux, fervents, athées, philosophes, hommes politiques, anarchistes....etc., ils sont 185 auteurs réunis dans ce Florilège, pour « le plaisir en littérature », autour d'une seule jeune femme, Jeanne d'Arc. 230 textes réunis ici célèbrent son rayonnement à travers les âges et les pays du monde entier.

Du berceau au martyre, les titres des cinq chapitres, paroles de Jeanne, scandent les étapes cruciales de sa courte vie relatée dans de telles différences de tons, qu'elles font la richesse de ce recueil où chacun trouvera l'expression de sa propre réflexion : En 1909, Alain écrit : « Qu'est-ce qui est sublime dans l'histoire de Jeanne d'Arc ? » ; en 1855, Mgr Dupanloup dira dans un panégyrique donné en la cathédrale d'Orléans : « Oui, elle est grande parce qu'elle souffre../..En sorte que tout serait royal dans sa mort si tout n'y était pas abominable »

Chose surprenante et bouleversante : ce sont les auteurs contemporains de Jeanne, telle Christine de Pisan, sortie de sa réclusion pour chanter dans son « Dittié » rédigé en vieux français «  une fillette de XVI ans(n'est-ce pas chose fors nature ?)A qui armes ne sont pesans, Ains semble que sa norriture Y soit, tant est fort et dure ! et devant elle vont fuyant les ennemis, ne nul n'y dure ».

André Malraux, dans les oraisons funèbres nous emmène au Brésil : « Dans la solitude des hauts plateaux brésiliens, Jeanne d'Arc apportait à la République de Fleurus à défaut de visage, la mystérieuse lumière du sacrifice, plus éclatante encore lorsqu 'elle est celle de la bravoure »       

Après les auteurs sérieux, d'autres n'hésitent pas à bousculer : Léautaud en 1942 écrit : « Jeanne d'Arc montait-elle à cheval ? Qu'est-ce que ça peut bien nous f... ! » ; Jean Anouilh, dans une pièce de théâtre « l'Alouette » parle d'une petite mascotte ; Marc Antoine Girard de St Amand évoque vers 1658 dans un caprice héroïcomique « une terrible poulette » ; Raoul Ponchon, à l'époque où l'on érigea bon nombre de statues écrit :

"Las ! dans quelle boue on la traîne,

Jehanne la bonne Lorraine !

Que les Français sont donc Français !

Pendant des siècles ils l'ignorent,

Aujourd'hui voilà qu'ils l'arborent,

Tombant dans un contraire excès". 

Après l'irrévérence, il y a pire avec Benjamin Péret dans un texte issu de « je ne mange pas de ce pain-là »(1936)et là, il faut « oser » !Habitant d'Orléans, Téfa, dans sa lettre aux orléanais, est irrévérencieux par rapport au mythe de Jeanne et non à sa personne : « Par pitié, laissez-moi dormir... »

A l'issue de cette présentation originale en tous points, et malgré des versions très différentes, la conclusion que l'auteur garde est qu'avant tout, Jeanne d'Arc est une « sacrée bonne femme ! », une expression que M.Luc Gerecke, vice-président du Conseil Général, attaché à la Culture, reprendra après avoir salué ses collègues venus en forte délégation, marquant ainsi l'intérêt suscité par ce personnage historique. Il évoquait ensuite la passion communicative et la foi en ce personnage de Mme Diez, et l'accomplissement avec Bernard Lorraine de ce travail de grande qualité qui méritait l'accompagnement du Conseil Général pour sa publication, puis excusait l'absence de Christian Poncelet, Président du Sénat, Président du Conseil Général des Vosges qui a préfacé cet ouvrage remarquable pour lequel il présentait toutes ses félicitations.

Dominique Guéniot, éditeur à Langres, justifiait le choix de cette publication d'une part, parce que les textes présentés portent un regard totalement différent de tout ce qui a été précédemment écrit sur Jeanne d'Arc, et d'autre part, parce qu'ils sont vraiment de « haut niveau », ce qui explique aisément la diffusion de cette représentation de Jeanne en littérature.

Anne Lise Diez procédait ensuite à la dédicace de ce Florilège à un public enthousiaste et aux nombreuses personnalités parmi lesquelles MM JJ Gaultier,député, J.Drapier, C.Philippe,conseillers généraux,Dr JC .Voisin,Conseiller aux Affaires Culturelles du Conseil Régional de Lorraine, de D.Robineau de Jargeau, Président de l'Association des Villes Johanniques, de nombreux maires du canton(Domremy, bien sûr, Greux, Coussey ...etc) et de l'arrondissement, ainsi qu'une descendante de la famille d'Arc, Jeanne Melcion d'Arc du Lys, toujours fidèle à sa terre natale de Greux-Domremy.

Le livre est le plus court chemin d'un esprit à un autre. Ce Florilège recèle l'esprit de 185 personnalités en littérature qui, comme Anne Lise Diez et Bernard Lorraine, artisans de l'élaboration de ce chef d'œuvre, transmettent et perpétuent le souvenir de ceux qui avaient, comme eux, la Jeanne au cœur. Mais c'est le dernier mot qui compte ; il revient à Bernard Lorraine, l'âme de ce Florilège. Que ses vers, extraits de « Stances » accompagnent la Pucelle et l'Amazone.

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