Accueillir des handicapés, c’est le pari réussi du LPR du haut de Bellieu qui a tout mis en œuvre pour que Jérôme Michel puisse passer avec succès son CAP de sculpteur

On ne remarque rien, à première vue, quand on entre dans la classe de sculpture du Haut de Bellieu. Les élèves sont à leur établi, tournent le dos à l’arrivant parce que leur poste de travail est orienté vers la lumière du jour.  Lègèrement en retrait, un élève est assis pour sculpter. Rien ne le différencie des autres, si ce n’est qu’en s’approchant de lui, le visiteur constate qu’il est sur un fauteuil roulant. En toute simplicité, mais avec beaucoup de pugnacité son ergothérapeute a travaillé d’arrache pied avec les professeurs de sculpture, la proviseur du LPR pour permettre au jeune homme d’intégrer une classe de sculpture sur bois. Bien sûr l’aménagement de son poste ne s’est pas fait en un tour de cuiller à pot ; Il a fallu organiser de nombreuses rencontres entre les partenaires, et surtout faire réaliser les travaux nécessaires, notamment au niveau des sanitaires. Si tout le monde se réjouît de l’aboutissement du projet lancé en février 2007, tout le monde s’accorde à reconnaître que « le terrain était favorable, que l’écoute était parfaite ».  

Si le poste de travail à proprement parlé ne présentait pas de grosse difficultés, un établi à hauteur de chaise, il a fallu quand même adapté le matériel u handicap du jeune homme et acheter du matériel dont lui seul à l’utilité. Mais devant le sourire épanoui de Jérôme on ne peut que féliciter les uns et les autres d’avoir œuvré de concert. Mais le summum en la matière est sans aucun doute possible le système vidéo qui a été mis en place sur le lycée, permettant ainsi à l’étudiant de voir ce qui se passe aussi dans les parties de l’établissement auquel il ne peut encore accéder. Un outil pédagogique qui sert à tous les élèves. Un aménagement qui reste quand même obligatoire, eu regard de  la Loi du 11/02/2005. « On n’a fait que mettre en application la loi » explique avec beaucoup de modestie Mme Lacroix qui a reçu tous les partenaires pour un tour du propriétaire, en compagnie de Christian Franqueville, conseiller régional. « On a reçu une écoute exceptionnelle de l’établissement » commente l’ergothérapeute. « Nous avions déjà travaillé avec des handicapés, puisque nous avons accueillis des sourds et muets dans cette même classe » complètent les professeurs.

Paralysé des deux jambes

JérômeJérôme Michel habite à Lamarche. Tous les matins un taxi passe le prendre devant chez sa maman pour l’amener au LPR du Haut de Bellieu. C’est à l’âge de treize ans que le jeune garçon attrape un virus qui va lui abîmer la moëlle épinière, le condamnant au fauteuil roulant. « C’est difficile d’accepter cet handicap, mais il faut aussi apprendre à vivre avec, la vie continue » vous assène, avec un grand sourire réconfortant, le jeune homme qui a aujourd’hui 25 ans et a entrepris de faire un galop d’essai dans la filière bois en préparant en deux ans un CAP de sculpteur au LPR du Haut de Bellieu, « parce que j’aime le bois, j’aime le travail manuel ». « Il faut dire que l’énergie de Jérôme nous a boosté » relève l’ergothérapeute qui a suivi Jérôme dans l’établissement d’enseignement régional adapté où il a suivi son cursus scolaire jusqu’au Bac de secrétariat que Michel a réussi avec mention.  

Pour Benoît : "Comme les autres"Benoît

Benoît de Luxeuil les Bains (70) est interne au lycée professionnel et prépare comme Jérôme un CAP de sculpture. Si le jeune francomtois reste admiratif devant le courage de son camarade de promotion, il ne le considère pas pour autant différent de ses autres camarades. « Si il faut lui donner un coup de main dans des situations difficiles, on le fait, mais Jérôme est parfaitement autonome et se débrouille tout seul » confie Benoît qui a déjà vécu cela en primaire. « On est tous différents de toute manière, il suffit d’être à hauteur de la situation » sourit gentiment l’un des professeurs.

 

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