"Les VIII vies d'Acturus" un sentier pour circuler sur les voies antiques du secteur

Les VIII vies d'Acturus" ?

Pourquoi huit ? pourquoi vies ? pourquoi Acturus ?Actutrus

Il y aura bien des questions à se poser avant de valider le projet présenté par le cabinet d'études aux porteurs du projet des Voies romaines, suggéré par une poignée de bénévoles impliqués dans le monde antique. Des pionniers qui ont pu voir une ébauche du futur circuit proposé, et son ossature générale.

C'est ainsi qu'un petit bonhomme, bien actuel, avec un pantalon, un sweat à capuche et des baskets, va entamer son périple sur les 68 kms du circuit ! Reconstruisant une voie romaine à Chermisey, prêchi-préchant à Grand, fabriquant quelques amphores pour la route à Liffol-le-Grand, passant une nuit à Soulosse, avant de poursuivre son chemin vers Rome par la grande voie impériale Lyon Trêves, non sans avoir fait un détour dans le temps. Le petit bonhomme a huit vies, pour franchir le monde médiéval à Neufchâteau, la pré-guerre de 1870 à Bourlémont, bref un périple, non seulement à travers le territoire romain, mais aussi à travers les siècles d'histoire au Pays de Jeanne d'Arc (!).

Pour baliser son chemin, Acturus -un nom bien difficile à dire, on aurait préféré "Actarius"- donc notre bonhomme coiffé de son casque de romain, va rebâtir les voies romaines en jouant, en suant, va aussi ériger de nouvelles bornes miliaires pour obliger le touriste à s'arrêter pour découvrir les sites touristiques de la région. A l'aide de panneaux, le visiteur, le marcheur, le randonneur, le cavalier, vont pouvoir découvrir ce qui est à voir dans le pays qu'il traverse. Un pays qui attend avec impatience ce nouveau produit touristique, qui devrait lever une véritable économie avec lui, et non pas seulement un peu d'histoire gallo-romaine ! Quoique le gallo-romain à Mont-les-Neufchâteau, c'est difficile à digérer, Quand le touriste va mettre ses pas dans celui des bornes miliaires et découvrira la supercherie, quel crédit pourra t'on accorder à notre territoire ? Quand à Solimariaca, sur le seul tronçon de la voie impériale, il ne pourra mettre ses pas que dans ceux du martyr local, Elophe, comme au jour du pèlerinage, ne sera t'il pas déçu ? Alors qu'on aurait pu lui faire franchir l'étape, en passant à proximité du camp romain où les troupes de Julien l'Apostat ont séjourné. Même si le produit doit rester populaire, pour autant doit il s'éloigner de l'essentiel, c'est à dire des Voies romaines ?

Le circuit

Les VIII vies d Acturus

 

 

 

LES VOIES ROMAINES   
IDEES RECUES :
. Toutes les vr sont dallées : FAUX (nombreuses configurations, rarement de dallage).. Il n’y avait rien ou presque avant les vr : FAUX (implantation des vr sur un dense réseau gaulois préexistant).   
SOURCES ANCIENNES
Textes anciens (rares : Stace, Diodore, Pline le jeune, Plutarque, Apulée, Galien, Procope). Ecrits de Siculus Flacus, arpenteur romain (mensor) du Ier siècle après J.C.   
QUAND ?
Première vr d’importance : la via appia, construite par Appius Claudius Caecus, qui relie Rome à Capoue. Première vr en Gaule construite en 118 avant JC par Domitius Ahenobarbus (via Domitia, voie Domitienne, d’après son nom). Elle relie l’Italie à l’Espagne, à travers la Provincia (sud de la France, future Narbonnaise), un territoire sous contrôle romain déjà depuis 121 avant JC.Fin de la conquête romaine de la Gaule Chevelue en –52 (Alésia).Décision de l’empereur Auguste de constituer un réseau de voies avant la fin du 1er siècle avant JC. Il confie cette mission à son gendre Agrippa.L’essentiel des grandes voies principales est achevé avant la fin du  1er siècle après JC, sous les Flaviens. L’essentiel du réseau secondaire sera réalisé avant la fin du 2ième siècle.   
POURQUOI ? POUR QUI ?
- Pour le contrôle militaire, notamment des frontières (limes) : troupes, légionnaires, soldats.- Pour l’administration du pays : fonctionnaires, administrateurs, gouverneurs.- Pour la circulation de l’information : postiers du cursus publicus (service des postes créé par l’empereur Auguste). Anecdote : la nouvelle de la mort de Néron a mis 6 jours seulement pour parvenir en Espagne depuis Rome, soit une distance totale de 1000 km, soit une distance de 170 km/jour ! En moyenne, les vr permettaient de parcourir 45 à 75 km par jour.- Pour le commerce et les échanges : marchands et artisans itinérants avec leurs savoir-faire et leurs marchandises, même si ces dernières ont également beaucoup été transportées via le réseau fluvial (bateaux, flottage, 5 à 10 fois moins cher).- Pour les dévotions et les soins (vers les sanctuaires) : pèlerins et malades.Les vr vont permettre la diffusion de la culture romaine (langue, pensée, cultes, savoir-faire, etc).   
HIERARCHIE
Environ 34 000 km de voies, réparties en :- grandes voies publiques (viae publicae) : artères maîtresses du réseau, réalisées le plus souvent par les soldats pour le compte de l’état. Elles portent souvent le nom de leur constructeur,- voies secondaires, vicinales (viae vicinales) : relient les villages (vici), sont entretenues par eux.- voies privées (viae privatae) : raccordent les propriétés privées (notamment les villas) au réseau. Elles sont financées et réalisées par les propriétaires concernés.Certaines voies peuvent servir de limites de propriétés.   
VEHICULES
Animaux de trait : mulets, ânes, chevaux. Pour les grosses charges, bœufs, habituellement consacrés aux activités agricoles.Equipement : hipposandales, colliers de gorge (pas encore le collier de poitrine du Moyen-Age, donc charges inférieures à ½ tonne), jougs, attelage de front (rarement de file)Chars légers à 2 roues, pour 1 ou 2 personnes : carrus (ayant donné charrue, chariot, charrette, carriole), cisium.Chariots à 2 ou 4 roues : carpentum (ayant donné charpentier), benna (ayant donné benne), raeda, petoritum, chariots-citernes.Nombreux emprunts aux très bons artisans gaulois du bois (menuisiers, tonneliers, charrons).   


 

CONSTRUCTION

 

Acteurs

Techniciens (topographes, arpenteurs géomètres : les mensores) pour le tracé. Main d’œuvre (soldats en temps de paix, ouvriers, esclaves, prisonniers faisant office de bûcherons, charpentiers, carriers, tailleurs de pierre) pour la mise en oeuvre.

 

Outils

. La groma : ancêtre de l’actuelle équerre d’arpenteur, composée de 4 branches et pourvue de 5 fils à plomb. Pour faciliter le tracé des angles droits et permettre les jalonnements en ligne droite.. Le chorobate : longue règle (env. 6 m) sur pied, creusée dans sa partie supérieure d’une rainure contenant de l’eau. Pour le calcul des niveaux, permettant de donner une pente régulière.. Le dioptre : triangle muni d’un fil à plomb. Pour le nivellement.. Outils de terrassement : pics, marteaux, pelles terminées en pointe, pioches.

 

Tracé

Dépend bien sûr du terrain rencontré. Souvent par tronçons droits.Evite les obstacles si possible, comme par exemple les fonds de vallon marécageux, les reliefs contournables.Souvent à mi-pente (crête militaire) sur terrain accidenté. Pentes exploitées jusqu’à 15 %.

 

Typologie

Très grande diversité, selon environnement géologique, topographique et ressources locales (carrières locales).Certaines sont larges, surélevées, bombées, avec d’épaisses fondations, gravillonnées sur le dessus, ou même dallées (villes intra-muros ou aux entrées, lieux délicats), avec fossés de drainage latéraux.D’autres sont de simple chemins de terre. Entre les 2, tous les cas de figure.

 

Méthodologie et structure générale

Travail par tronçon le plus souvent droits.Piquetage du tracé, débroussaillage, bûcheronnage.Creusement d’un fossé jusqu’au sous-sol solide si possible.Remblai avec matériaux locaux (carrières locales, proches de la voie). Jusqu’à 15 000 m3 de matériaux par km de voie.Certains auteurs ont défini des strates rituelles : statumen, rudus/ruderatio, nucleus et summum dorsum. Dans la réalité, adaptation aux conditions locales, avec souvent : . au fond, un radier de grosses pierres assurant assise et drainage des eaux de ruissellement, . des pierres de calage en bordure (umbones), . une couche de terre pour égaliser, . un rudus de cailloux et sable compactés, . une surface de roulement régulière, compacte, homogène, solide et bombée. Parfois, ornières de guidage.L’ensemble peut comporter jusqu’à 8 couches et peut dépasser les 2 m d’épaisseur.La largeur des chaussée est officiellement fixée dans la Loi des XII Tables (env 450 avant JC) : 8 pieds en portion droite, et 16 dans les virages (1 pied = 30 cm), pour la manoeuvre des gros chariots à 4 roues, car ils ne possèdent pas d’avant-train pivotant. Dans la réalité, en moy. 5 à 8 m de large, selon terrain et fréquentation.Parfois, la chaussée est encadrée de bas-côtés, de trottoirs, de pistes sableuses pour les cavaliers et les troupeaux, de fossés de drainage latéraux, voire d’un second fossé latéral délimitant une zone en bord de voie où il est interdit de cultiver, planter, bâtir, pour limiter les risques d’empiétement privés sur l’emprise publique. 

Matériaux

Pierres du coin (calcaire, granite, grès, galets, silex), en lits de pierres plates, sur champs, en hérisson, en pavage, en dallage.Gravillons, petits cailloux, sable, en sous-couche, en couche supérieure avec liant.Marne, argile, terre, en sous-couche ou en liant.Déchets d’activité : mâchefers et laitiers de forge, tessons de céramiques ou d’amphores, charbons de bois. Mortier de chaux rarement employé (zones délicates). 

Quelques aménagements et ouvrages particuliers

. Ponts (en pierre, en bois, flottant). En fonction de la largeur à franchir, les ponts pouvaient avoir une arche isolée ou compter plusieurs arches. Dans ce dernier cas, chaque pile était dotée d'un éperon dirigé vers l'amont et permettant, lors des crues, d'éviter que les piles soient percutées par tout objet flottant (arbres par exemple). Pour limiter également la pression de l'eau, des échancrures rectangulaires y étaient aménagées.. Roche creusée et tablier en bois suspendu en montagne pour élargir la chaussée. . Roche taillées de marches sur la partie centrale de la chaussée pour passer une portion très pentue. . Tablier de bois immergé en soubassement, voire pilotis, pour passer une portion marécageuse. Gué empierré.
LE LONG DES VOIES ROMAINES

 

Les bornes milliaires

Grandes bornes de pierre (matériaux locaux) cylindriques, à assise parallélépipédique, de 2 à 4 m de haut pour 50 à 80 cm de diamètre, implantées le long de la voie à intervalles réguliers, comme des sortes de panneaux indicateurs, pour indiquer la distance jusqu’à la prochaine étape. Le mille romain, (milia passuum) correspondait à 1000 pas (en réalité, doubles pas) de 1,48 m, soit 1,480 km. La lieue gauloise = 2 222 m.Sur ces bornes milliaires, étaient gravées en général :  le nom de l'empereur qui a ordonné la construction ou la réfection de la voie, sa titulature (ses titres), l'origine du milliaire (s'il a été placé là après les travaux ou après une réparation) et les distances entre l'endroit où ils se trouvent et les villes, gros carrefours routiers ou frontières. Souvent utilisées par la suite en matériaux de réutilisation. Près de 600 retrouvées en Gaule et Germanie. 

Les relais

Un mutatio (des mutationes) tous les 10 à 15 km, pour se rafraîchir, se reposer, changer de monture.Une mansio (des mansiones) tous les 30 à 50 km pour faire étape (manger, dormir, thermes, soin des chevaux, réparation des véhicules, etc). Souvent peintes en rouge, d’où le toponyme actuel « Maison-Rouge ».Ces relais servent également de stations d’étape de la Poste Impériale (cursus publicus). 

Les postes de surveillance

Simples postes ou véritables fortins pour prévenir notamment le brigandage fréquent. 

Les nécropoles, oratoires, mausolées, sanctuaires

Stèles +/- sculptées, isolées ou regroupées, avec nom du défunt, sa filiation, son métier. Lieux cultuels, temples, dédicacés notamment à Mercure, dieu du commerce et des voyageurs, à Diane, gardienne des routes ou à des divinités locales.Tous ces éléments servent de repères routiers. 

Les péages

Aux entrées de certaines villes, au passage de certains lieux (pont).   
CARTES ET ITINERAIRES

 

Table de Peutinger

Copie médiévale (XIIème – XIIIème siècles) d’une carte antique, trouvée au XVème siècle (actuellement à la bibliothèque de Vienne, en Autriche). 11 feuilles, 6,80 m x 34 cm. Sorte d’itinéraire plutôt que de carte (représentation non scientifique de la Terre).On y trouve la mention d’Andesina près d’une vignette de ville d’eau (Grand ?). 

Itinéraire d’Antonin

Document de la fin du 3ème siècle (empereur Caracalla Antonin 212-217). Livret indicateur où sont énumérées, pour toutes les routes, la liste des étapes et les distances. On y trouve la mention de Solimariaca (Saint-Elophe ?). Les 4 Gobelets de Vicarello (lieu-dit de la découverte)Découverts au XIXe siècle, dans le lac de Bracciano, près de Rome, ils portent, gravés sur plusieurs colonnes les noms de relais et les distances les séparant, sur la voie qui va de Rome à Cadix.  D'autres documents, plus précisément axés sur un itinéraire, ont existé. C'est, par exemple, le cas des itinéraires du pèlerinage de Jérusalem comme ceux d'Eusèbe de Césarée, de Nicomédie ou de Théognis de Nicée. Ils sont plus tardifs (IVe siècle) mais le système reste le même : les étapes, les distances entre ces étapes, les relais.   
REPERAGE SUR LE TERRAIN : RETROUVER LES VOIES ROMAINES
-          Photographies aériennes.-          Surélévations-          Végétation préférentielle.-          Limite de communes-          Chemins et routes actuels-          Toponymie.-          Archéologie (coupes de voies).
INFOS LOCALES
- Voies avérées localement : (PLAN DETAILLE ? PLACE DE CHERMISEY ?. voie impériale Lyon - Trèves, passant par Langres, Pompierre, Soulosse, Toul, Scarpone, Metz.. voie Reims - Toul par Nasium (Naix-aux-Forges, capitale des Leuques).. voie Langres - Strasbourg par le Donon. diverticule Pompierre - Liffol - Grand (sanctuaire) – Nasium. diverticule Soulosse – Grand (par Coussey, Frébécourt, Sionne ?) CHERMISEY SUR CETTE VOIE ?- Type de voie et coupe (couches, matériaux) à Chermisey. A  TROUVER- Bornes milliaires : ( cf carte archéologique de la Gaule – Les Vosges)Un fragment d’une milliaire de la voie impériale Lyon-Trèves, datée du milieu du 4ème siècle, et dédiée « à notre seigneur Flavius Magnus Decentius », trouvé à Pompierre en 1860 (actuellement au musée d’Epinal). Deux exemplaires de milliaires de la voie impériale Lyon-Trèves, datées de la première moitié du 4ème siècle, dédiées respectivement aux empereurs Crispus et Constantin Junior, trouvés en 1966 à Soulosse-sous-Saint-Elophe dans les fondations du rempart (actuellement au musée du village).- Ouvrages : ponceau sur la Maldite, gué sur la Saônelle, pont sur pilotis et gué sur la Meuse (JPB). OU ?- Eléments de toponymie : (cf doc « la vr Gd – Soulosse » ds pochette 1)voie Gd - Soulosse appelée chemin ferré, levée de Saint-Elophe  (précédemment ferrée, Chemin des Romains, etc).- Eléments annexes : tumulus des Morlats. SITE EXACT AVERE ?- JPB : point remarquable de ChermiseyOU ? LIEU DE L’ILOT ?- Anecdote : témoignage proprio à Gd ayant planté des saules sur la vr (Bois, 1861. cf doc « la vr Gd – Soulosse » ds pochette 1).  
ILLUSTRATIONS POSSIBLES
-          Paysage rural avec différents éléments figurés : vr, personnages, attelage, borne milliaire, nécropole, etc (cf Découv Gal p54)-          Coupe vr et paysage (cf Découv Gal p82)-          Carte précise du réseau local avéré et supposé-          Tracé de la voie Gd – Soulosse, avec limite des communes traversées, passage des rivières, tracé de la route moderne, points remarquables (LESQUELS ?) (JPB)-          Structure de la vr à Chermisey (coupe) A TROUVER-          Détails divers : borne milliaire (cf musée Soulosse)-          Outils spécifiques (groma, chorobate) en situation-          Table de Peutinger (DROITS ?)-          Photo surélévation marquée et végétation préférentielle (JPB) OU ? QUEL TYPE DE VEGETATION ?-          Photo carrière à Chermisey, avant reprise de végétation (JPB) OU ?-          Photo d’arbre dessouché  qui révèle la nature anthropique des remblais (JPB) OU ? FIL CONDUCTEUR : Romain de la DDE   
LRSPN
. Etymologie.. Voies de circulation actuelles.   
BIBLIOGRAPHIE

-          notes pochette Ilôt 1 - Chermisey-          « Les Voies romaines » (R. Chevalier – Ed. Picard – 2000)-          « Les gallo-romains » (G. Coulon – Ed. Armand Colin – 1985)-          « Les gallo-romains » (G. Coulon – Ed. Errance – 2006)-          « Quand les Gaulois étaient romains » (F. Beck et H. Chew – Ed. Découvertes Gallimard – 2004)-          « Carte archéologique de la Gaule – Les Vosges » (M. Michler – co-édition – 2004)-          « Voyage en Gaule romaine » (G. Coulon et J.C. Golvin – Ed. Actes Sud-Errance – 2002)-          « La plaine vosgienne à l’époque gallo-romaine » (direction J.P. Bertaux – Ed. Serpenoise/Itinéraires du Patrimoine – 1994)  ___________________________________________________________________________________________

 

GRAND 

DES RESTES ARCHEOLOGIQUES IMPORTANTS : UN MYSTERE …
 Pomerium : enceinte symbolique circulaire, aujourd’hui « La Voie close ». Rempart : polygonal (tracé curieux), 1760 m de long, entouré d’un fossé (1,35 m de profondeur et 4, 50 m de large) raccordé à la courtine par un glacis, ceinturant un espace de 18 ha ne contenant que des bâtiments publics (temples, thermes, portique) et une vaste esplanade appelée « le grand jardin », 18 tours (dont 6 tours d’angle de 10 m de diamètre, et 11 autres de 6m de diamètre), 4 portes (dont 1 monumentale sur la section est, et les 3 autres sur la section nord), courtines de 6 m de haut et aux fondations  de 2,70 m de large, chemin de ronde avec parapet crénelé. Rempart d’un espace public de culte, d’un lieu sacré, réservé aux dieux et aux pèlerins. Date du Haut empire, fin Ier - début IIème s. Seul rempart élevé en temps de paix en Lorraine (contrairement à ceux de Metz, Toul, Verdun, Soulosse, etc, édifiés à des fins de protection contre les invasions du IIIème et IVème s.).  Amphithéâtre : semi-elliptique, 148,50 m de gd axe, 17 000 places (3ème plus grand du monde romain), fin du Ier s, rénové au IIIème s, avec arène et 10 loges de service (pour les gladiateurs, les animaux, les décors, etc). Basilique : mosaïque polychrome de 224 m2 (partie centrale du bâtiment), du début IIIème s, avec personnages au centre (peut-être un pèlerin accueilli devant le portique par un prêtre du sanctuaire) et 1 animal à chaque angle (sanglier, panthère, ours et tigre). La basilique est un édifice civil (réunions publiques, affaires administratives locales). Celle-ci date de la fin du Ier s. Galeries hydrauliques souterraines : env. 15 km de longueur, jusqu’à 12 m de profondeur, permettant le passage d’un homme debout ou courbé. Elles sont voûtées, dallées ou sapées dans la roche ou la  couche de marne argileuse. Terrassement et maçonnerie à peu près équivalents à ceux de l’amphithéâtre. Ces galeries ne correspondent pas à une distribution hydraulique fonctionnelle. 

Thermes : bâtiment d’env 20 x 40 m, pour 8 m de hauteur, richement décoré, salle chauffée par hypocauste, Ier s.

 

Temple (du « Jardin Huguet ») : env 30 x 60 m, podium surélevé à 3m, autels, nombreuses statues, sculptures et décorations, fin Ier s.

 Portique : large de 6m, orné de marbre et de stucs, avec une cunette (canalisation) courant le long de sa façade. Il délimite le chœur du sanctuaire. La basilique et les thermes sont adossés à lui, à l’extérieur de l’enceinte sacrée. Nécropoles : 5 nécropoles mérovingiennes, la plupart située sur des cimetières à incinération gallo-romains. Une telle richesse en monuments a fait penser aux premiers archéologues qu’ils étaient en présence des restes d’une ville de 60 000 habitants. Mais cette hypothèse a été infirmée par les fouilles (habitat peu important).Le mystère : on peut donc se demander quelles étaient les motivations des Romains pour construire ici, à l’écart des grandes voies de communication, de tels édifices de prestige, généralement plutôt situés dans les grandes cités urbaines.    
D’UN PHENOMENE HYDROGEOLOGIQUE A UN SANCTUAIRE DE L’EAU
 Des recherches effectuées en 1989 dans le cadre d’un mécénat technologique et scientifique d’EDF ont permis, en mettant des technologies de pointe au service de la résolution d’un mystère antique, de lever une partie du voile :présence d’une rivière souterraine karstique, coulant entre 4 et 12 m de profondeur, sur une couche de marne peu perméable et sub-horizontale, qui jaillit en résurgence, alimente une mare (située sous la nef de l’église actuelle, aujourd’hui comblée par des sédiments meubles et spongieux drainés par l’eau), qui déborde, entraînant l’eau qq m plus loin, dans une diaclase (située sous le chœur de l’église actuelle). L’eau circule à nouveau en circuit souterrain, avant de ressortir à l’air libre (au Puits du Routeuil, à 3,5 km en aval de Grand) pour former la rivière la Maldite.  Exploitation sur le plan cultuel d’un phénomène hydrogéologique :L’eau qui passe ainsi de l’intérieur à l’extérieur de la Terre, symbolise la mort et la renaissance, la fécondation et la régénération, etc.
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